mercredi 28 novembre 2007

SITEVI, conquete des marchés et ressources utiles

A l'occasion du salon professionnel SITEVI (Salon International des Techniques Viticoles) de Montpellier qui se termine aujourd'hui et qui a pour thème majeur l'export, le site Viti Net (groupe Terre Net Media) propose un dossier spécial export très riche. Vous y trouverez des fiches pays, des compte rendus des conférences de SITEVI, des témoignages de viticulteurs exportateurs, et des articles de l'année écoulée sur certaines problématiques (tendances de consommation, positionnement des vins français...).
Le salon SITEVI est important pour la profession car il présente les innovations techniques marketing ou commerciales à travers 800 exposants. Le salon a pour l'instant été marqué par un discours de Georges Freche, président de la région Languedoc Roussillon, pronant la constitution d'une fédération professionnelle unique au lieu des des 4 actuellement en place pour la seule région Languedoc Roussillon! Une préconisation que l'on pourrait étendre à la France, ou les multiples fédérations professionnelles cristallisent les guerres intestines entre régions productrices et peinent a représenter les interets du secteur.
A signaler aussi, toujours à l'occasion du SITEVI le lancement par Viti Net d'une newsletter hebdomadaire, le mel viticole, qui s'adresse aux acteurs de la filière.

Libellés : , ,

vendredi 31 août 2007

La maitrise de la connaissance, enjeu stratégique sur le marché du vin.

Un article très intéressant du journal Sud Ouest évoque l'ouverture prochaine de l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (l'ISVV), à Villenave d'Ornon, près de Bordeaux. On ne peut que se féliciter d'une telle initiative qui regroupera sous un meme toit enseignants étudiants et chercheurs. A l'heure où le génome de la vigne vient d'etre décrypté , la recherche scientifique sur le vin est un enjeu majeur, aujourd'hui bien compris des californiens à l'université de Davis et des australiens qui ont fait de l'université d'Adelaide une référence en la matière.

L'Institut encore en travaux, ouvrira ses portes en octobre 2008 et proposera activités de formation et de recherche articulées autour de trois thèmes: oenologie, physiologie, polyphénols et santé. Il a cependant commencé cette année un cycle de séminaires et de conférences dont on peut trouver le programme sur le site de l'ISVV.

Chose intéressante, l'ISVV ne restera pas cantonné à la sphère scientifique et sollicitera aussi professeurs et chercheurs en sciences humaines et sciences de gestion, notamment en marketing. Pour Serge Delrot, directeur de l'ISVV, cité par Sud Ouest "Avec ces outils nous n'aurons aucune excuse à ne pas réussir". L'ISVV semble s'etre donné des objectifs ambitieux en terme d'attractivité des cerveaux mais aussi de rayonnement en termes de production scientifique.

L'ISVV permettra peut etre de structurer un prochain pole de compétitivité aquitain sur les problématiques viti vinicoles. Le projet Inno'vin n'a en effet pas été retenu lors de l'ajout de 5 nouveaux poles le 5 juillet dernier.

Libellés : , ,

jeudi 16 août 2007

Une récolte 2007 en baisse et l’entrée de nouveaux acteurs

Cette année, les récoltes français commencent très tôt, en grande partie à cause des conditions climatiques. Les vignerons ont pâti d’un hiver doux et d’une pluie tardive pendant l’été. Ce climat a favorisé l’apparition de maladie. En parallèle, la production 2007 - estimée à 49,9 millions d'hectolitres de vin, en baisse de 5% par rapport à l’année précédente- sera une des plus faibles depuis 2000. Ce résultat est aussi du à la campagne d’arrachage favorisée par l’Europe. La France n’est pas la seule à connaître une baisse de sa production. L’Italie est elle aussi touchée avec une récolte de 45 millions d’hectolitres soit une baisse de 10 %.

L’impact sur le marché français n’est pas forcément négatif. En dépit du faible volume, la précocité des vendanges est synonyme de qualité. La baisse des volumes va favoriser la baisse des stocks qui avaient handicapé les producteurs français les deux années précédentes.

Cette récolte est donc aussi une opportunité à saisir pour les producteurs français de se positionner sur le marché mondial avec un vin de qualité. Car le marché mondial loin de diminuer comme la consommation en France est en croissance (selon Vinexpo il devrait croitre de 10% par an). Ce développement s’accompagne par l’entrée de nombreux acteurs que l’on n’avait pas soupçonnés alors.

La Chine est devenue en quelque année le cinquième vignoble mondial et bien que certains acteurs étrangers comme les français ou les australiens sont déjà présents, la majorité des investisseurs sont chinois. Si la consommation locale se développer, on imagine le poids des acteurs du marché chinois d’ici quelques années. La Chine n’est pas la seule à se positionner sur le marché du vin, le Japon, la Corée, l’Uruguay, l’Inde ou le Maroc suivent le même mouvement.

Libellés : ,

jeudi 5 juillet 2007

Réforme du vin européen: Bruxelles mécontente la France

Si vous voulez les détails de la grande réforme du vin présentée hier par la Commission, vous les aurez sur les très nombreux articles sortis dans la presse d'hier et d'aujourd'hui, le mieux étant d'aller directement sur le site de la Commission, à la source.

Pour résumer, l'esprit des réformes prend comme postulat de départ la crise réelle qui touche le secteur liée surproduction et manque de compétitivité face aux concurrents du Nouveau Monde. Un point crucial est celui de l'arrachage des vignes avec, en parallèle, une libéralisation de la plantation des vignes à partir de 2013, ce qui apparait totalement incohérent à nombre de viticulteurs.


Michel Barnier, ministre de l'agriculture n'a pas caché le désaccord de la France malgré quelques bonnes pistes de réforme.

Les seuls à se satisfaire sont appremment les gros producteurs et les négociants européens réunis au sein du Comité Vins, qui a eu un role consultatif à Bruxelles durant les négociations.

La proposition de la Commission, qui avait déjà rencontré l'hostilité du Parlement européen, doit etre encore etre négociée dans les prochains mois.

Une critique parait intéressante: il est en effet reproché à la réforme de manquer d'ambition, en essayant seulement de limiter la casse (voir entre autres ces réactions dans le journal Sud Ouest) . Il est clairement reproché au projet son angle uniquement défensif, ce qui peut rassurer sur le fait que les viticulteurs européens restent tournés vers l'avenir et la conquete des marchés.

Pour etre précis, la Commisaire européen à l'agriculture, Mme Fischer Boel a prévu une enveloppe de 123 millions d'euros pour l'aide à la promotion des vins européens sur les marchés étrangers. Comme souvent, c'est la distribution des subventions qui pallie le manque d'une véritable stratégie. Le gros problème de l'Union Européenne est qu'elle n'a recours qu'au marketing pour promouvoir son vin, oubliant l'importance de défendre son modèle et notamment les appellations d'origine par un vrai travail d'influence sur les normes. De plus il existe une incohérence majeure que nous avions déja évoquée dans un précédent article : comment véritablement attendre un support massif des autorités européennes pour les exportations de vin alors que le vin est une des cibles récurrentes des campagnes de santé publique à l'intérieur de l'UE?




Libellés : ,

lundi 2 juillet 2007

Risque sur le marché vinicole: il n'y a plus de bouteilles!!!


Selon un article de la Tribune du 28 juin 2007, une pénurie de bouteilles hante les grands producteurs de vins français et européens. En effet, les Verreries de Bourgogne ont assuré qu'il y aurait une pénurie de 60 millions de bouteilles en France, situation grave pour les grands comptes. Selon un responsable d'un grand négociant bordelais, "Le déficit français doit être plus important car on parle d'un manque global de 1,5 milliard de bouteilles sur l'ensemble de l'Europe".

En effet, au cours des dernières années, l'industrie du verre a subi une période de concentration, "due à une baisse des prix que l'on peut qualifier de catastrophique dans certains cas", explique Gérard Desenclos, un ancien commercial du verrier belge la Manufacture de Verre.

Seuls sont restés en lice les groupes capable de fabriquer des quantités considérables pour avoir un effet d'échelle. Ce phénomène de concentration se poursuit. Ainsi, Saverglass (groupe Natexis) et l'espagnol Vidrala, se sont disputés la reprise de la Manufacture du Verre (le groupe espagnol l'a emporté).

Pendant cette concentration, plusieurs fours ont été fermés. Récemment, certaines unités de production ont stoppé, soit pour des problèmes techniques, soit pour des problèmes sociaux (quinze jours de grèves chez Saint-Gobain). En février, Saint-Gobain aurait imposé une augmentation de 10% à 15% de ses prix et avertit ses clients d'une nouvelle salve de hausse des prix, de la même ampleur, pour le premier juillet. L'annonce laisse Gérard Desenclos sceptique. "Chaque fois que Saint-Gobain a annoncé une augmentation de ses prix, cela n'a pas tenu, indique-t-il. Il y a toujours des remises occultes qui réduisent l'impact". Récemment, il fallait compter 11,50 à 12 euros le cent pour une bouteille de bordeaux classique de 400 grammes.



Cependant, si les hausses de prix tiennent, la situation des verriers pourrait changer. On peut tabler sur une hausse de leur cash flow capable de compenser la hausse de leur matière première. Est-ce de nature à stimuler un cycle d'investissement ? Il est trop tôt pour le dire. On constate aujourd'hui un repli sur les marchés locaux. Ainsi, les verriers allemands ne livrent plus sur la France.

Pour plus d'info, c'est par ici...

Libellés :

mardi 22 mai 2007

Faut-il prendre le CRAV au sérieux?

Le CRAV est l'acronyme de "Comité Régional d'Action Viticole". Il désigne un groupe de producteurs viticoles particulièrement violents du Languedoc Roussillon. Depuis 1976, avec une recrudescence durant les 5 dernières années, ce groupe qu'il serait exagérer de qualifier de terroriste, prend pour cibles supermarchés, hotels des impots, ou encore lignes SNCF.
C'est un peu le degré zéro de l'action militante, du basique et efficace, sans mort d'homme mais chaque action se solde par des milliers d'euros de dégats.

Le 17 mai dernier France 3 diffusait le communiqué que voici:


On le voit, le CRAV se radicalise. Le Président de la République est prévenu : si dans un mois les prix du vin ne remontent pas (!)... euh... on sait pas trop ce qui va se passer en fait, mais il est vrai que le CRAV a le don de la mise en scène! Pour ma part je ne peux pas m'empécher de penser à "L'Enquete corse".

Concernant la question posée en titre de l'article, je pense que la DST est plus compétente que moi pour y répondre, alors contentons nous de nous étonner , voire de nous amuser de cette conférence de presse insolite. Ces viticulteurs apparemment jeunes sont en fait dans la droite ligne de leurs ancetres... Pour mieux comprendre l'allusion à 1907, je vous renvoie à notre article "les raisins de la colère" dans lequel, déjà, nous faisions le rapprochement avec l'agitation de cette année, comme une célébration un peu dérisoire du centenaire d'une révolte qui avait marqué les esprits. Espérons que 2007 soit moins sanglant...

Libellés :

lundi 14 mai 2007

Metnext, une société qui propose d'évaluer la sensibilité « météo » de ses clients













Météo France et Euronext ont lancé le jeudi 10 mai 2007 Metnext, une société commune à même d'aider les entreprises à se couvrir contre les accidents climatiques. (Sources: L'Expansion) Détenue à 35 % par Euronext et 65 % par Météo-France, cette alliance inédite est censée permettre aux industriels et aux compagnies d'assurance et de réassurance de mieux gérer leur sensibilité aux aléas de la météo. (Sources: Le Monde). Pour en savoir plus, le blog Business environnement a réalisé un article intéressant et synthétique sur le sujet.

Pourquoi cette société intéresserait l'industrie du vin? Selon Dominique Lapeyre de Chavardes, président de Metnext, environ 20 à 30% du PIB d'un pays fortement industrialisé est directement impacté par les écarts de température ou de précipitations. (Sources: L'Expansion) Ainsi, pour les brasseurs, une augmentation de 1 degré durant l'été se traduit ainsi par une progression de leurs ventes de 1,2% dans le Nord-Pas-de-Calais et de 5,2% en Provence ! (Sources: L'Expansion)



On connaît bien les effets du changement climatique ( voir l'excellent article de Vincent sur Les producteurs face aux changements climatiques) sur la production de vin, il est donc intéressant de prévisionner ces effets et ainsi diminuer les risques que subissent les producteurs.

Libellés :

jeudi 3 mai 2007

Les vins de Bordeaux travaillent leur image aux Etats-Unis

C'est avec la claire volonté de casser leur image d'un élitiste et vieillie du vin que le Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) lance pour la deuxième année consécutive une tournée de producteurs bordelais aux Etats-Unis les 10, 14 et 15 mai prochains.

Cette opération séduction, orchestrée sur place par le Bordeaux Wine Bureau, émanation du CIVB basée à New York passera par Washington, Boston et New York. Sur la cote Est, les 17 producteurs faisant le déplacement pourront faire découvrir leur vins parmi 100 Bordeaux, qui ne doivent pas excéder les 25$. Le but de l'opération "Today's Bordeaux" est de montrer que le vin de Bordeaux peut etre moderne et abordable.

On peut saluer l'initiative du CIVB qui est le plus puissant groupement viticole français et se doit donc d'etre à la pointe de la conquete ou reconquete des marchés. Ce sont d'ailleurs les vins de Bordeaux qui , les premiers en France ont fait d ela publicité collective. Sur son site "bordeaux.com", le CIVB prend clairement pour cible le consommateur étranger (et anglophone...), et concilie avec un certain talent tradition et modernité, tout en offrant une large place au tourisme régional.

Cette stratégie est en phase avec les recommandations répétées par tous les rapports publiés ces dernieres années sur la situation du vin en France. Au meme moment on observe avec attention les "mises à jour" de la stratégie de l'Australie (voir notre article et le site Decanter), qui frise la surproduction et va clairement s'orienter vers la qualité en mettant en valeur la multiplicité de ses régions viticoles. L'Australie fait un choix stratégique...qui semble etre de s'aligner sur le modèle français! N'enterrons pas trop vite la diversité!

Libellés :

jeudi 5 avril 2007

Jeanjean, un acteur majeur du marché du vin français.



Jeanjean est un groupe viticole basé dans l’Hérault ayant pour activité la production, l’élevage et la négoce de vins dans la région du Languedoc-Rousillon. Le groupe Jeanjean fait d’ailleurs parti des 10 premiers groupes viticoles français et a dégagé un résultat net de 2,3 millions en 2006 (+15,7% par rapport à 2005) avec un chiffre d’affaire de 150,6 millions d’euros (+4,5% par rapport à 2005), selon La Tribune du 03/04/2007.

La stratégie de développement de Jeanjean commence à se dévoiler ces derniers temps. En effet, le groupe annonce dans un communiqué avoir conclu un accord avec 4 vignobles bordelais grâce aux vignobles Adams qui viennent de lui confier la gestion globale de l'activité de leurs quatre vignobles bordelais: Château Fonplegade (St Emilion grand cru classé), Château Candale (St Emilion grand Cru), Château Lagarosse (Premières Côtes de Bordeaux) et Château Bel Air (Lalande de Pomerol). Aussi, le groupe avait acheté en novembre dernier les sociétés de Antoine Moueix Lebègue, un groupe familial basé à Saint-Emilion. Le groupe Jeanjean cherche-t-il à asseoir sa position sur la région ?

En tout cas, le groupe de vin entend poursuivre ses acquisitions "ciblées et immédiatement rentables", et prévoit de "réaliser d'ici 3 ans un chiffre d'affaires de 180 millions et au moins 4% de marge opérationnelle, hors nouvelles acquisitions".



Quelques détails sur le groupe :

Le CA par activité se répartit comme suit :

- négoce de vins (94,9%) : principalement vins en bouteille et en vrac destinés à la grande distribution, aux cafés, aux restaurants et aux cavistes ;

- prestations de services (5,1%) : prestations de mise en bouteille, d'impression d'étiquettes, etc.

69,3% du CA est réalisé en France.

DIRIGEANTS

Président Directeur Général: Bernard Jeanjean
Directeur Général: Antoine Leccia
Directeur Général Délégué: Jean-Michel Allingri



COORDONNÉES

Jeanjean
Adresse BP 1
34725 Jonquieres
France

Téléphone: +33 (0)4 67 88 80 00
Télécopie: +33 (0)4 67 96 65 67
Site web: www.jeanjean.fr

Libellés :

vendredi 30 mars 2007

Une semaine riche en évènements dans le Bordelais

Des nouvelles fraiches qui nous rappellent la grandeur et les misères du vin bordelais.

-Pour commencer par les bonnes nouvelles, les ventes de vin de Bordeaux ont augmenté en 2006. Mieux encore, les vins de Bordeaux arrivent à se positionner sur l'entrée de gamme. Selon un article de Decanter.com , les ventes de vin de Bordeaux à moins de 10 dollars australiens explosent en Australie! (+ 65% par rapport à 2005). A cela deux explications: les producteurs bordelais ont enfin pris conscience que tous ne pouvaient profiter impunément de l'image de prestige attachée au Bordeaux. Evolution des mentalités et efforts de marketing semblent donc aboutir à des résultats concluants. Cette statistique rappelle aussi que les pays producteurs, s'ils ont une stratégie offensive pour conquérir l'Europe, sont aussi des marchés importants pour le vin français.

-Nous avions au début du mois de mars évoqué l'affaire du classement des vins de Saint Emilion. Le tribunal administratif vient aujourd'hui de donner raison aux quatre propriétaires qui avaient contesté la validité du jugement.

-Enfin, une brève de Vitisphère nous révèle que les ventes de copeaux de bois sont en très nette augmentation dans la région bordelaise. En attendant une probable autorisation officielle du Ministère de l'Agriculture, les producteurs bordelais se réfèrent à la législation européenne pour utiliser le procédé, ou plutot cesser de s'en cacher... Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle? A vous de juger!

Libellés :

lundi 19 mars 2007

L'Europe vitivinicole : le vin comme symbole du choc des puissances?

Nous avions consacré un article en décembre dernier au rapport des députés Philippe Armand Martin et Gérard Voisin sur l'avenir viticole de la France. Nous avons en revanche omis de présenter le dernier rapport en date de Phillippe Armand Martin qui aborde un sujet crucial, dont nous avons déjà parlé sur ce blog: la réforme viticole européenne de l' OCM (Organisation Commune des Marchés) , dont les conclusions seront rendues en juin prochain.

Le rapport de Monsieur Martin part d'un constat: la crise de compétitivité du vin européen. Et une grande partie de son rapport est une critique de la politique pronée par la Commission Européenne en la matière, critique aussi faite par le Parlement Européen (voir notre article sur le sujet), et par la République Tchèque. La question des excédents européens et surtout de la manière de s'en débarasser (arrachage, distillation...) est au coeur des débats.

Mais il est intéressant d'analyser ce qui ressort du rapport concernant la concurence internationale.

Selon le député, les principaux atouts des vins du nouveau monde sont:
-des échelles de production sans commune mesure, aussi bien dans les superficies cultivées que dans l'absence d elimitation de plantation.
-le pillage des appellations européennes (Chablis, Bourgogne, Champagne...)
-la lisibilité et la simplicité, aussi bien dans le gout que dans la présentation

La question des appellations et de leur protection est au coeur de la guerre commerciale entre les Etats Unis et l'Europe. Elle trouve sur dans le secteur vitivinicole un de ses expressions les plus flagrantes. Phillippe Armand Martin était d'ailleurs revenu lui meme sur cet accord dans un rapport de novembre 2005, qui révèle la position de force des Etats Unis, appuyés sur un modèle vitivinicole très différent.

Pour bien poser la situation deux modèles se font face


Europe Etats-Unis Conséquences
les indications géographiques établissent un lien structurel les indications géographiques ne prennent pas en compte la notion de terroir et de savoir faire un "chablis" américain, par exemple, offre une qualité non garantie et discrédite l'image de l'appellation. C'est un préjudice d'image très couteux pour les producteurs européens
les indications géographiques sont destinées à un usage collectif les indications géographiques relèvent du droit privé des marques

Les Etats-Unis tentent d'imposer leur modèle par des stratégies d'alliance visant à encercler l'Europe. Ils ont ainsi crée à cet effet en 1998 le World Wine Trade Group avec l'Afrique du Sud, l'Argentine, l'Australie, le Canada, le Chili et la Nouvelle-Zélande et le Mexique. En 2001, ils ont quitté l'Organisation internationale de la vigne et du vin.

Mais ils tentent aussi d'ériger des barrières à l'entrée du marché américain, comme avec cette loi rentrée en application le 1er novembre 2005, qui impose des controles plus stricts sur le vin importé, s'ils proviennent d'un pays n'ayant pas conclu d'accord bilatéral sur les pratiques oenologiques avec les Etats Unis.

S'il existe véritablement deux modèles, l'Union Européenne a du faire des concessions et la protection des appellations est garantie sur des critères minimaux. La bataille se joue véritablement sur le terrain des normes, et notamment dans le cadre d'une OMC particulièrement sourcilleuse qui semble considérer la protection des appellations controlées comme une arme protectionniste.

Pour finir, on peut émettre une réserve aux deux rapports de Philippe Armand Martin. peut etre est-ce une question de budget, mais les personnes rencontrées pour leur rédaction sont majoritairement françaises, allemandes (?) et espagnoles. Il serait intéressant, et peut etre inquiétant de connaitres l'avis sur le sujet des pays de l'Est dont les capacités de production commencent à etre optimales et qui risquent bien de mener une politique agressive de conquete des marchés. Il existe là un véritable enjeu, qui est de s'assurer de leur respect des normes européennes, afin qu'ils ne soient pas les intermédiaires et les relais du modèle des vins du nouveau monde en Europe.


Enfin, sans caricaturer, il est frappant de constater à quel point le secteur vitivinicole est un terrain des tensions et rivalités entre puissances. A ce sujet, nous ne savons pas si les prestigieux invités du colloque, organisé par l'Ecole de Guerre Economique "le choc des puissances" qui se tiendra le 13 avril prochain au Palais du Luxembourg aborderont le thème, mais le vin est clairement un enjeu de puissance. En tout cas, les Américains l'abordent en tant que tel.

Car ce qui est en jeu derrière le maintien d'un modèle européen, c'est aussi la pérennité d'une vision du monde.

Bacchus contre le reste du monde, en somme...

Libellés :

samedi 3 mars 2007

Brève : Vignobles de France

Le gouvernement a publié hier, dans le journal officiel du 2 mars 2007 le décret définissant les conditions de production du vin de Pays Vignobles de France dont voici un extrait :

"
Pour avoir droit à la dénomination « Vin de pays Vignobles de France », les vins doivent être issus de vins de pays, obtenus à partir de vendanges récoltées dans les départements suivants : Ain, Allier,Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ariège, Aude, Aveyron, Bouches-du-Rhône, Cantal, Charente, Charente-Maritime, Cher, Corrèze, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Côte-d’Or, Creuse,Dordogne, Doubs, Drôme, Gard, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Hérault, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Jura,Landes, Loir-et-Cher, Loire, Haute-Loire, Loire-Atlantique, Loiret, Lot, Lot-et-Garonne, Lozère, Maine-et-Loire, Haute-Marne, Meuse, Nièvre, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Rhône, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Sarthe, Savoie, Haute-Savoie, Seine-et-Marne, Deux-Sèvres,Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Yonne.

Seuls les vins ayant fait l’objet d’un agrément en vin de pays de département ou en vin de pays de zone,avec indication de cépage ou issus de l’assemblage de tels vins, peuvent prétendre à un agrément en « Vin de pays Vignobles de France".

Cette nouvelle appellation doit bénéficier de l’effort de toute la filière car peut être une des solutions pour séduire une clientèle à l’étranger qui a tendance à se laisser influencer par les habitudes anglo-saxonnes. L'Espagne a déja utilisé le même type de stratégie pour ses vins.



Libellés :

mardi 27 février 2007

La droite veut séduire les producteurs de vin

En déplacement à Sancerre le 26 février, Nicolas Sarkozy s'est dit «favorable à l'ouverture à la publicité sur la consommation de vin, dans la mesure où celle-ci est raisonnable et modérée». Sarkozy par ce genre de déclaration compte t-il séduire les producteurs de vin? Selon le leader de l'UMP, l'avenir du vin se trouve dans les AOC, les labels, en bref la qualité.

Par cette visite, Nicolas Sarkozy voulait aussi rassurer les producteurs de vin après avoir déclaré qu'il ne buvait jamais d'alcool à la télévision.

Pour en savoir plus, lisez l'article de Viti-net

Libellés :

samedi 24 février 2007

Brève: une bonne année 2006 pour le vin français


Un article de Boursorama montre que le vin français s'en est bien sorti cette année, avec des exportations en hausse de 13% par rapport à 2005.

Un paradoxe cependant: ce sont les grands crus bordelais et bourguignons qui tirent ces chiffres vers le haut et, dans le meme temps, les progrès sont attribués à un effort de baisse des prix et de meilleure lisibilité. Il est notamment préconisé de poursuivre dans la voie d'une modernisation de l'image du vin, afin de s'aligner sur les vins du Nouveau Monde.

De plus en plus on voit l'hypothèse d'une segmentation claire entre grands crus et vins de pays. La modernisation de l'image, pourquoi pas, mais pas forcément pour les grands crus, qui bénéficient de l'attrait de la tradition, et disons-le du snobisme du consommateur!

Libellés :

mardi 20 février 2007

Roger Geens, trafiquant de vin


C'est une affaire de grande ampleur qui a ressurgi ces jours ci. Un brève du site belge RTL Infos
relate la découverte d'un trafic de vins du à la société belge Geens Benelux. Deux membres de la direction et deux chefs de service ont été placés sous mandat d'arret à Louvain.
Cette affaire est le dernier épisode en date d'une histoire qui dure depuis le début des années 80 et qui est l'organisation d'un réseau de grande ampleur qui abreuve l'Europe du Nord de vin modifiée chimiquement et abusivement présenté sous de fausses étiquettes comme venant de célèbres chateaux bordelais.

Un article de l'Express de novembre dernier relate les ralentissements auxquels est confrontée la justice bordelaise dans son enquete sur cette filière derrière laquelle figure une personne énigmatique: Robert Geens. Résident monégasque, ce dernier a été convoqué par la justice, ne s'est jamais présenté, et n'a pas été inquiété depuis. Les échantillons de vin saisis dans les propriétés du groupe Geens n'ont toujours pas été analysés. C'est peut etre la lenteur de la justice qui a poussé l'INAO à se porter partie civile en juillet dernier.

"Depuis plus de quatre ans, le mystérieux Roger Geens, surnommé "Dieu" par certains de ses ex-collaborateurs français, apparaît dans deux dossiers confiés à des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Bordeaux. L'un porte sur les détournements de fonds avoués par Isabel Teles Pinto, l'ancienne représentante pour la France de Geens Benelux, ainsi que sur des fausses factures reprochées à Hannah Agostini et que cette dernière conteste. Le second, plus volumineux, a trait aux fraudes massives dénoncées en 2002 par cette même Isabel Teles Pinto." rapporte un article du journal Sud Ouest du 24 novembre 2006.


Si les tenants et aboutissants de cette affaire ne sont pas très clairs, ils montrent en tout cas la menace qui pèse sur les grands crus français, victimes potentielles des pires effets de la contrefaçon.

Libellés :

mercredi 14 février 2007

Brève: Boizel Chanoine Champagne triple sa croissance 2006

Selon un article 14 février 2007 de la Tribune, Boizel Chanoine Champagne (BCC) triple sa croissance 2006 avec un chiffre d'affaire de 311 millions d'euros contre 97 millions en 2005. Le groupe devient numéro 2 mondial mais toujours loin derrière LVMH.
Cette croissance du chiffre d'affaire s'explique par l'acquisition de Lanson International en mars 2006. Lanson International regroupe les marques Lanson, Besserat Bellefon et Massé Père et Fils.

Un extrait de l'article:

"Mais, si ce rachat a donné une nouvelle dimension à la société champenoise dopant notamment ses expéditions internationales, elle l'a aussi fortement endettée."

"En 2006, Lanson International, rebaptisé Maisons Burtin et Lanson, affichait une dette de 410 millions d'euros correspondant à un stock de 55 millions de bouteilles. BCC s'est déjà délesté pour l'équivalent de 49 millions d'euros maispoursuit sa restructuration. Dans l'immédiat, compte tenu de ce changement de périmètre, BCC se refuse à tout pronostic concernant son résultat net".

Libellés :

mardi 13 février 2007

Les raisins de la colère : un siècle après.




En 1907 eut lieu la révolte des vignerons de l'Aude. Protestant contre les fraudeurs du vin qui rajoutaient du sucre dans le vin et victimes de la surproduction ainsi que de la concurrence des vins algériens, des vignerons guidés par le charismatique Marcelin Albert, forment un mouvement de grogne de plus en plus important qui sera réprimé dans le sang par Clemenceau. Le 9 juin 1907, au paroxysme de la crise, 600 000 vignerons manifestent à Montpellier!

















23 janvier 2007: Une quarantaine de vignerons du collectif "Paysans Toujours" arrivent à Paris, pour rencontrer députés et candidats à l'élection présidentielle après avoir traversé la France depuis le Languedoc Roussillon. Ils attribuent la crise qu'ils traversent à la concurrence des vins étrangers, à la pression à la baisse qu'impose la grande distribution sur le prix du vin et enfin à la "diabolisation" du vin, produit qu'ils souhaiteraient voir inscrit dans la Constitution comme aliment.

La veille au soir, le collectif "Contre les Naufrageurs du Vin" crée par la Confédération Paysanne, réunissait ses sympathisants à Paris, pour une soirée dont vous aurez un aperçu en regardant la vidéo ci-dessous, prise par l'équipe Vin Spirit IE, le 22 janvier.



Méthodes, discours, revendications: rien ne semble avoir changé depuis 1907: les copeaux de bois plutot que le sucre, le vin chilien plutot que le vin algérien, et José Bové à la place de Marcelin Albert...

Le vignoble français est en ébullition. Principale cause de la colère:l'OCM (Organisation Commune des Marchés) , projet européen qui sera connu dans son intégralité en juin prochain. Il prévoit entre autres l'arrachage de 20% du vignoble européen (problèmes de surproduction) mais aussi des mesures dites positives d'aides à la commercialisation du vin.

En attendant, les "Paysans Toujours" sont rentrés dans leur contrée, les détracteurs des "Naufrageurs du vin" ont peu attiré l'attention malgré leur soirée politico-poético-bucolique... Mais la révolte gronde!

Libellés :

mardi 6 février 2007

Wine Blog Trophy


Les Salons de la Loire ont lancé un concours pour les blogs de vin français et internationaux et ont décerné les prix lundi 5 février.

Les gagnants des 3 catégories:

Meilleur Blog de Viticulteur: le Blog du Domaine SAUVAT, par Annie et Michel Blot qui racontent le quotidien de leur domaine.






Meilleur Blog français sur le vin: le Blog d'Olif par un passioné de vin. Son blog est une référence dans la blogosphère oenophile.

(notre vote allait vers Julien de Avec Modération qu'on embrasse fort)



Meilleur Blog International: Vinography par un oenophile californien.


Le jury était présidé par Philippe Lefèbvre - France Inter
Journaliste spécialiste des questions agricoles et agroalimentaires à France Inter. Anime l’émission « leçon de choses » le samedi matin sur France Inter.

Et composé de:
Gilles Klein - Point blog.com
Journaliste professionnel, ancien de Libération, photojournaliste chez Sipa Press, il a animé pendant sept ans la rubrique Multimédia du magazine ELLE. Il est aujourd’hui Rédacteur en Chef de Point Blog, le magazine du blogging

- Guillaume Lapaque - Agence Ligérienne de presse
Journaliste et créateur de l’Agence Ligerienne de presse spécialisée dans la gastronomie et le vin, il est également l’animateur du blog vins de Loire info et a créé une plateforme de blogs locaux tourangeaux : touraine blogs

- Jean Aubry - Chroniqueur Le Devoir (Québec)
Chroniqueur dans Le Devoir, Jean Aubry est journaliste en vins depuis 20 ans. Lauréat de plusieurs prix journalistiques, auteur de différents ouvrages spécialisés. Conférencier et animateur hors pair, il a participé à Paris à l’ouverture de la première école de dégustation destinée aux femmes, l’École des femmes du vin, dont il a cosigné la nouvelle méthode d’apprentissage

- Guillaume Fauqueur - Directeur Marketing Nicolas
Responsable Marketing du 1er réseau de cavistes en France

- Anne-Sophie Lerouge- Interloire
Responsable de communication et tourisme - Interloire, une des 3 interprofessions du Val de Loire

- Benoît Tarlant - Champagne Tarlant
Benoît Tarlant est le 1er vigneron en France à avoir ouvert un blog.

Est-ce que Vin Spirit IE fera parti des lauréats l'année prochaine?

Libellés : ,

lundi 5 février 2007

Brève: Champagne

Ça pétille pour les fabricants de champagne selon LExpansion.com

En effet, avec 321,6 millions de bouteilles, les producteurs de champagne ont encore atteint un record. Leur principal marché reste la France mais les marchés japonais et américains ne sont pas loin derrière...

Libellés :

jeudi 18 janvier 2007

Vignobles de France

Selon un article du Figaro Entreprise d'aujourd'hui, une nouvelle dénomination autorise l'assemblage de vins de pays pour favoriser l'export. Cette dénomination "Vignobles de France" a été approuvée le 17 janvier 2007 par le Conseil de l'office interprofessionnel des fruits, des vins et de l'hoticulture (Viniflhor) et permettra aux viticulteurs de créer des mélanges originaux afin de s'adapter à une nouvelle clientèle. Seuls les vins de pays obtenus à partir de vendanges récoltées dans 64 départements et répondant à une traçabilité totale pourront être mélangés. Le mélange devra ensuite être déclaré à Viniflhor qui se réserve le droit d'effectuer des contrôles et de sanctionner en cas de fraudes.

Viniflhor est un Etablissement public chargé des filières vin, fruits, légumes et horticulture qui participe à l’élaboration de la réglementation, analyse l’évolution des marchés et met en œuvre les soutiens nationaux et communautaires destinés aux filières dont il a la charge.

Le Conseil de Direction spécialisé filière viticole s'est réuni le 17 janvier 2007 sous la présidence de Jérôme DESPEY et voici les principales conclusions:

*Les recettes des producteurs du secteur viticole pour la campagne 2005-2006 sont en baisse pour toutes les catégories de vin sauf exceptions. Les recettes pour la campagne 2006-2007 annonce toutefois une tendance de reprise sauf pour les vinsd e table en vrac.
*Avis favorable à l'unanimité pour la reconnaissance du vin de pays de Loire sans qu'elle prenne de risques pour le régime général des AOC.
*Création d'un vin de pays des Vignobles de France
*Avis favorable pour un régime d'affectation parcellaire.
*Formation de groupes de travail portant sur la réforme de l'OCM Vin afin de définir une stratégie de négociations.


Selon les relevés de conclusions de Viniflhor, on apprend que l'ENSAM réalise une enquête sur les déterminants de la performance des entreprises de l'aval de la filière vin.

Ces mesures ne sont pas si innovantes, si on se réfère à l'article Vinedos de Espana de mon ami Fabian, l'Espagne l'aurait déjà mis en place pour soutenir ses vins intermédiaires.

Benchmark ou coincidence?


>>>Le relevé de conclusion du Conseil de Direction de la filière vin

Libellés :